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26/7/26: Dieu est pour nous un refuge et une force, un secours toujours présent dans la détresse.

7/28/2026

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Ces paroles sont anciennes. Elles ont été mises par écrit pour la première fois il y a plus de deux millénaires et demi. Pourtant, à la différence de tant d’autres paroles anciennes, elles n’ont pas été oubliées. De génération en génération, elles ont été transmises. Elles ont été prononcées. Elles ont nourri la prière. Et elles ont donné de l’espérance. Alors, ce matin, nous les redisons :

« Dieu est pour nous un refuge et une force, un secours toujours présent dans la détresse. »

Cette promesse a soutenu des générations d’hommes et de femmes qui, comme nous, menaient des vies ordinaires, avec les responsabilités ordinaires de chaque jour — jusqu’au jour où survint quelque chose non seulement d’inattendu, mais de menaçant. Pour beaucoup, dans nos communautés, cette menace s’est révélée ces dernières semaines sous la forme de colonnes de fumée qui ont obscurci le ciel, vicié l’air et ravagé les paysages que nous aimons. La menace était si imprévisible que des personnes sont restées dans l’attente d’un ordre d’évacuation, leurs valises faites et chargées dans les voitures, appelant d’urgence leur famille, leurs amis et leurs voisins susceptibles de leur offrir un refuge. Puis, pour certains, la menace est devenue réalité lorsque le feu a détruit non seulement des forêts et des prairies, mais aussi des maisons et des entreprises. Des vies jusque-là bien ordonnées ont été douloureusement bouleversées. En un tel moment, les paroles d’Isaïe ne sont pas difficiles à comprendre :

« Le Seigneur m’a abandonnée ; mon Seigneur m’a oubliée. »

La foi ne nous demande pas de nier cette réaction si profondément humaine face à la tragédie. L’Écriture ne nous demande pas de prétendre que la peur n’est pas la peur, que la perte n’est pas la perte, ou que quelques paroles pieuses peuvent rendre acceptable la dévastation. Le psaume ne dit pas non plus que l’épreuve ne viendra jamais. Il affirme que Dieu est présent au cœur même de l’épreuve :

« Dieu est pour nous un refuge et une force, un secours toujours présent dans la détresse. »

Parfois, ce refuge sera un abri personnel, qu’il soit matériel, affectif ou spirituel. Un lieu sûr où nous nous retirons, où nous cherchons protection contre ce qui nous menace et où nous pouvons nous reposer dans la présence de Dieu. Pourtant, le refuge que Dieu nous offre est bien plus vaste que cela. Le refuge de Dieu n’est pas seulement un lieu. Il est aussi un peuple.

À maintes reprises dans l’Écriture, Dieu répond à la peur en rassemblant les êtres humains : un peuple uni par une alliance avec Dieu et les uns avec les autres. Cette alliance est fondée sur l’appel de Dieu, qui nous demande non seulement de l’aimer, mais d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Et plus encore : de nous aimer les uns les autres comme Dieu nous a aimés.

Cet appel à aimer n’est pas un idéal spirituel abstrait. C’est la forme que prend parmi nous le refuge de Dieu.
Le refuge de Dieu devient visible lorsqu’un voisin ouvre sa porte à un autre. Il devient visible lorsque quelqu’un téléphone et demande : « Êtes-vous en sécurité ? Avez-vous besoin d’un endroit où aller ? »

Il devient visible lorsque les pompiers entrent dans le danger afin que d’autres puissent le fuir en sécurité ; lorsque les élus et les responsables locaux coordonnent la protection et les secours ; lorsque des maisons s’ouvrent, que des repas sont préparés, que des animaux sont mis à l’abri et que des étrangers sont accueillis comme des voisins.

Il devient visible même lorsque des personnes qui n’ont pas la même langue maternelle trouvent néanmoins le moyen de se comprendre par la bonté, le courage et l’entraide concrète. Le refuge vient de Dieu. Mais Dieu le confie à des mains humaines. Dieu ne dit pas simplement à ceux qui sont en danger : « Trouvez un abri. » Dieu appelle le reste d’entre nous à devenir une communauté où l’on puisse trouver sécurité, courage et consolation.

C’est l’une des vérités les plus profondes de la foi chrétienne. Dieu ne sauve pas l’humanité à distance. Dieu vient parmi nous. L’amour de Dieu prend forme humaine en Jésus-Christ : une voix qui parle, des mains qui touchent, des pas qui accompagnent ceux qui souffrent, et une table où tous sont accueillis.

L’amour de Dieu ne nous est donc jamais donné pour s’arrêter à nous. Il nous rejoint afin de passer par nous. La consolation que nous recevons devient celle que nous offrons. La miséricorde qui nous est accordée devient celle que nous manifestons à autrui. Le refuge que nous trouvons en Dieu devient le refuge que nous aidons à créer pour un autre. Dieu nous console afin que nous puissions consoler à notre tour. Dieu nous fortifie afin que nous puissions fortifier les autres. Dieu nous rassemble afin que personne n’ait à affronter seul la peur, la perte ou l’incertitude.

La consolation ne consiste pas simplement à trouver les mots justes pour quelqu’un qui souffre. Souvent, les mots justes n’existent pas. Consoler, c’est s’approcher. C’est demeurer. C’est refuser d’abandonner une personne à son chagrin, à sa peur ou au drame qui l’a frappée. C’est lui dire, par notre présence : « Vous n’avez pas été oublié. »
Telle est aussi la réponse que Dieu donne par le prophète Isaïe. Isaïe la formule sous la forme d’une question, suivie d’une affirmation sans équivoque :

« Une femme peut-elle oublier son nourrisson ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. »

Puis vient la promesse :

« Tes bâtisseurs l’emporteront sur tes destructeurs. »

Cette promesse n’efface pas ce qui s’est passé. Elle ne restitue pas en un instant ce qui a été perdu. Elle ne diminue ni le chagrin ni la difficulté du travail de reconstruction. Elle affirme quelque chose de bien plus modeste et de bien plus courageux : la destruction n’aura pas le dernier mot.

Les bâtisseurs sont déjà parmi nous. Ce sont ceux qui ont combattu les incendies. Ceux qui ont protégé les maisons et les communautés. Ceux qui répareront, restaureront, replanteront et reconstruiront.

Mais les bâtisseurs sont aussi ceux qui reconstruisent la confiance, le courage et l’espérance. Ceux qui demeurent auprès d’un voisin après le départ des véhicules de secours et lorsque l’attention du public s’est portée ailleurs. Car une communauté ne se forme pas simplement parce que nous vivons les uns près des autres. Elle se forme lorsque nous acceptons d’être responsables les uns des autres.

Pour la plupart d’entre nous ici, devenir voisins a demandé de franchir bien plus qu’une rue ou une place de village sur le chemin du marché. Nous sommes venus d’autres pays, porteurs d’une autre langue, d’une autre culture et d’une autre manière de comprendre le monde. Nous avons établi notre foyer au sein de communautés dont les racines remontent à plusieurs générations, alors même que nous apprenons encore à parler, à écouter, à comprendre et à trouver notre place.

Nous savons tous combien la langue peut rendre difficile même une conversation toute simple. Les différences culturelles peuvent également nous laisser incertains, sans savoir quoi dire ni comment offrir notre aide. Pourtant, pour être de bons voisins, il n’est pas nécessaire de parler parfaitement la langue. Tout commence par l’attention. Tout commence par l’humilité. Tout commence par la volonté de franchir la distance qui nous sépare et de dire, même imparfaitement : « I am here. You matter to me. » — « Je suis là. Vous comptez pour moi. »

Nous devenons voisins lorsque la peur de l’autre nous importe. Nous devenons voisins lorsque la perte subie par l’autre devient aussi notre souci. Nous devenons voisins lorsque nous cessons de demander seulement : « Suis-je en sécurité ? » et que nous commençons aussi à demander : « Qui n’est toujours pas en sécurité ? Qui a encore besoin d’un refuge ? Qui a encore besoin d’aide ? Qui a encore besoin que quelqu’un demeure à ses côtés ? » C’est ici que l’espérance et la solidarité se rejoignent.

Jésus attire notre regard vers les oiseaux du ciel et les lis des champs, et nous demande d’y reconnaître les signes de la sollicitude inlassable de Dieu. Le Dieu qui nourrit les oiseaux et revêt l’herbe des champs n’a pas oublié ceux dont la vie a été menacée ou bouleversée par le feu.

Il nous connaît. Il se souvient de nous. Nous lui sommes précieux.

Et lorsqu’un voisin veille sur un autre, lorsque les communautés mettent les plus vulnérables à l’abri et lorsque la générosité répond à la peur, cette sollicitude divine devient visible parmi nous. Dieu lui-même devient visible parmi nous.

Nous nous rassemblons aujourd’hui alors qu’un incendie est derrière nous. D’autres brûlent encore, et la saison du danger n’est pas terminée. Nous ne nous rassemblons donc ni dans l’illusion rassurante que le danger est passé, ni dans l’ombre paralysante du désespoir. Nous nous rassemblons au contraire en communauté : un peuple venu d’horizons, d’histoires et de langues différents, dont les vies se sont liées et qui en est plus fort.

Que nos prières prennent chair dans des actes d’amour, et que notre espérance devienne une présence fidèle et constante auprès de nos voisins.

Que nous devenions des bâtisseurs de refuge ; et que, par la grâce de Dieu, ce que nous bâtissons l’emporte sur tout ce qui détruit.

Et que ces paroles anciennes deviennent une fois encore, parmi nous, une vérité vivante :

« Dieu est pour nous un refuge et une force, un secours toujours présent dans la détresse. »
​

Rev Roy Cole, 26 juillet 2026
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